Selon une étude, travailler avant 10h s’apparente à de la torture


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Le Dr. Kelley, de l’Université d’Oxford, affirme que les horaires de bureau, incompatibles avec le sommeil, sont dangereux pour la santé des employés.

Edward Norton dans Fight Club, ou une certaine idée de la torture au travail

Ce n’est pas franchement une nouveauté : le travail est, trop souvent, une torture. Le mot en lui-même, dérivé du latin tripalium, un outil de tortionnaire d’époque, nous en avertit. Aujourd’hui, c’est un chercheur britannique, le Dr Paul Kelley, membre de l’Institut de neuroscience du sommeil à l’université d’Oxford, qui redonne au mot “travail” sa véritable signification. Lors d’une conférence donnée au British Science Festival de Bradford, rapporte Slate, le chercheur a affirmé que débuter une journée de travail avant 10h est si néfaste pour la santé que l’activité s’apparente à de la torture. Rien que ça.

Selon le scientifique, les horaires de boulot traditionnels (9h-17h) sont totalement désynchronisés avec le rythme circadien (le rythme biologique du corps en 24 heures) des adultes avant 55 ans. Nous forcer à travailler avant notre “état d’éveil maximal”, situé vers 10h du matin, aurait donc de graves conséquences sur notre santé physique et mentale. Pire encore, les effets seraient encore plus dévastateurs chez les enfants et adolescents.

En 2009, alors directeur de l’école Monkseaton, dans le nord-est de l’Angleterre le chercheur s’était livré a une expérience grandeur nature en modifiant l’heure de début des cours de 8h30 à 10h. Résultat : les notes moyennes des élèves avaient augmenté de 19%. Après le départ de Kelley, pourtant, les cours ont repris à l’heure traditionnelle. Mais les résultats de l’expérience ont fait date et, en 2014, une immense étude a démarré en Angleterre pour vérifier les effets des rythmes scolaires sur l’organisme des étudiants. D’ici à 2018, 30 000 lycéens verront leurs cours débuter plus tard et leurs temps de pause s’allonger entre les cours.

Diabète, obésité… et 711 changements dans les gènes

Pour le chercheur, le sommeil est un enjeu de santé publique et une réforme des rythmes de travail doit être menée de toute urgence dans le monde.

“Nous vivons dans une société en manque de sommeil”, a ainsi déclaré Kelley, “ce qui est très dommageable pour l’organisme car cela affecte à la fois les systèmes physiques et émotionnels. (…) Vous ne pouvez pas modifier votre rythme de 24 heures. Vous ne pouvez pas apprendre à vous lever à une certaine heure. Votre corps s’habitue à la lumière solaire et vous n’en êtes même pas conscient car cela dépend de l’hypothalamus, pas de la vue.”

De très nombreuses études se sont penchées, ces dernières années, sur les effets du manque de sommeil sur l’organisme a plus ou moins long terme : en plus de diminuer la performance cérébrale, d’être lié à la surconsommation d’alcool et de drogue, d’accroître les risques d’AVC, d’obésité, de cancer, et tout simplement la probabilité de mourir avant 65 ans, le manque de sommeil se répercute même sur les gènes, avec 711 changements répertoriés dans l’organisme de ceux qui dorment moins de six heures par nuit.

Pour Paul Kelley, ces résultats sont surtout l’occasion de “faire quelque chose qui bénéficierait à des millions de gens sur Terre”. Tout en fournissant un alibi sublime à autant de salariés noctambules. Pensez-y : la prochaine fois que vous arrivez en retard au turbin, vous pourrez toujours invoquer la Convention de Genève pour vous défendre.

Source : konbini

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